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La vie au travail pendant la crise sanitaire

Résumé : Introduction Dans le cadre de l’observatoire Evrest, visant à recueillir des informations sur le travail et la santé pour un échantillon de salariés, lors des entretiens périodiques de santé au travail, 11 questions complémentaires portant sur le vécu au travail en période de crise sanitaire ont été ajoutées à partir du 1er octobre 2020. Les objectifs des résultats présentés ici étaient : (1) de décrire et analyser les facteurs de variation du vécu de la crise sanitaire ; (2) d’étudier les liens entre le lieu de travail et le vécu de la crise sanitaire (perte de sens au travail, gain d’intérêt, et crainte d’un changement non désiré de la situation de travail) et divers paramètres de santé. Matériel et méthodes Les questionnaires de 5306 salariés nés en octobre interrogés entre le 01/10/2020 et le 30/09/2021. Les différences de vécu de la crise sanitaire ont été recherchées entre genres, groupes d’âges, catégories socioprofessionnelles et grands secteurs d’activité (tests du Chi2). Les liens entre le vécu au travail et l’anxiété, fatigue, troubles du sommeil, dorso-lombalgies et douleurs d’épaule et/ou de cou, ont été recherchés par des régressions logistiques ajustées sur le genre, les catégories socioprofessionnelles, les grands secteurs d’activité et les principales contraintes de travail. Résultats Parmi les salariés interrogés, 3846 travaillaient sur site exclusivement, 268 en télétravail exclusif, et 1192 sur site et en télétravail ; 10 % des salariés signalaient une perte de sens du travail, 30 % un gain d’intérêt dans le travail, et 19 % craignaient un changement non désiré dans leur situation de travail. Les femmes étaient plus concernées que les hommes par le télétravail, elles exprimaient plus souvent que leur travail avait perdu de son sens et que leur travail gagnait en intérêt. La fatigue était moins fréquente chez les salariés signalant que leur travail avait gagné en intérêt. L’anxiété était plus fréquente chez les télétravailleurs (OR = 1,30 IC95 % 1,02–1,67 pour l’alternance entre travail au domicile et sur site, OR = 1,64 IC95 % 1,10–2,42 pour le télétravail exclusif), plus fréquente lorsque le travail perd son sens et moins fréquente lorsqu’il gagne en intérêt. Les troubles du sommeil ne montraient pas de lien avec le lieu ni le vécu au travail de la crise sanitaire. Les lombalgies étaient plus fréquentes chez les télétravailleurs exclusifs (OR = 1,62 IC95 % 1,07–2,42), les douleurs de l’épaule et/ou du cou augmentant également avec le télétravail (OR = 1,36 IC95 % 1,04–1,76 pour l’alternance entre travail au domicile et sur site, OR = 1,49 IC95 % 0,96–2,25 pour le télétravail exclusif). Conclusion Il est nécessaire de prendre en compte l’impact sur la santé dans les choix à venir du lieu de travail.
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https://hal-cnam.archives-ouvertes.fr/hal-03781400
Contributor : Marie-Liesse Bertram Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Tuesday, September 20, 2022 - 12:21:32 PM
Last modification on : Thursday, September 22, 2022 - 9:53:19 AM

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Citation

Laetitia Rollin, Valerya Viera Giraldo, Urielle-Lucie Goron, Serge Volkoff, Ariane Leroyer. La vie au travail pendant la crise sanitaire. Archives des Maladies Professionnelles et de L'Environnement, Elsevier Masson, 2022, 83 (4), pp.348. ⟨10.1016/j.admp.2022.07.142⟩. ⟨hal-03781400⟩

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